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AGRICULTURE

Élevage durable : Dakar trace la feuille de route africaine

Équipe éditoriale ServAfrica. 15.06.2026 7 min de lecture
Dakar au Senegal, hote d'une grande reunion sur l'elevage durable
Dakar, hôte de la 14e réunion mondiale sur l’élevage durable (Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA)

Élevage durable : pour la première fois en Afrique de l’Ouest, Dakar a réuni les acteurs mondiaux du secteur autour d’un même cap. De cette rencontre est née la Déclaration de Dakar, une feuille de route ambitieuse. ServAfrica fait le point sur un enjeu vital pour le continent.

Élevage durable : les faits

Du 8 au 11 juin 2026, Dakar a accueilli, pour la première fois en Afrique de l’Ouest, la 14e réunion du Partenariat multipartite du Programme mondial pour un élevage durable (GASL). Organisée conjointement par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le ministère sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, avec l’appui technique de l’ILRI et de l’AU-IBAR, la rencontre a rassemblé des ministres ouest-africains, des experts, des chercheurs et des représentants de la société civile autour d’un thème évocateur : « Du dialogue mondial à l’action locale ».

Dès la première journée, le ministre Cheikh Omar Ba et le président du GASL, Hsin Huang, ont signé la « Déclaration de Dakar », un document de référence destiné à orienter la transformation durable de l’élevage en Afrique de l’Ouest et au-delà. Ce texte repose sur trois piliers : la sécurité alimentaire et nutritionnelle, qui reconnaît l’élevage comme un moteur essentiel des moyens de subsistance ruraux ; l’approche « Une seule santé », qui relie santé animale, santé humaine et santé environnementale ; et la préservation des parcours pastoraux, assortie de l’inclusion des femmes et des jeunes et de la résilience climatique.

Phare des Mamelles a Dakar, ville engagee pour un elevage durable
La Déclaration de Dakar, feuille de route pour le secteur (Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA)

Contexte

En Afrique de l’Ouest et au Sahel, l’élevage est bien plus qu’un secteur économique : c’est un levier majeur de revenus, d’emplois et de nutrition pour des millions de personnes, et un facteur de cohésion sociale dans les territoires ruraux. Mais le secteur se trouve à la croisée de nombreux défis : changement climatique, pression démographique et dégradation des terres pèsent sur les filières animales.

À ces difficultés s’ajoute la criminalité organisée. Le vol de bétail, particulièrement enraciné dans l’espace du Liptako-Gourma, alimente une économie parallèle estimée à plusieurs centaines de millions de dollars. La sécurité des troupeaux est ainsi devenue un enjeu central de la transformation durable du secteur. Lors de la rencontre, le commissaire de l’Union africaine chargé de l’agriculture a tenu à recadrer le débat sur les émissions, rappelant que l’Afrique ne représente qu’environ 4 % des émissions mondiales de carbone et qu’une réduction uniforme de la production animale ne serait « ni équitable ni réalisable ».

La coordinatrice résidente du Système des Nations unies au Sénégal a, pour sa part, insisté sur la pertinence de l’approche « Une seule santé », jugée désormais incontournable face aux risques sanitaires croissants et aux effets du changement climatique. Le choix de Dakar comme hôte de cette 14e réunion n’est donc pas anodin : il consacre le rôle pivot de l’Afrique de l’Ouest dans la réflexion mondiale sur un élevage durable, à la fois nourricier, créateur d’emplois et soucieux de la planète.

Analyse

Première clé de lecture : un secteur vital, pas un coupable climatique. Le débat mondial sur l’élevage est souvent polarisé, mais l’Afrique a besoin de solutions équilibrées et fondées sur des données probantes. Le continent émet peu, tout en subissant durement les effets du dérèglement climatique. Les systèmes d’élevage durables ne sont pas seulement un défi de gestion : ils font partie de la solution pour la sécurité alimentaire et la restauration des écosystèmes.

Dakar de nuit, capitale mobilisee pour l'elevage durable
L’inclusion des femmes et des jeunes au cœur du projet (Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA)

Deuxième clé : la durabilité passe par l’inclusion. En plaçant les femmes, les jeunes et les éleveurs pastoraux au centre de la transformation, et en adoptant l’approche « Une seule santé », la Déclaration de Dakar lie performance économique, justice sociale et préservation de l’environnement. C’est cette articulation qui peut rendre l’élevage durable réellement opérationnel. ServAfrica suit ces dynamiques dans ses rubriques Agriculture et Investir en Afrique.

Troisième clé : du discours à l’action. Tout l’enjeu est désormais de traduire la Déclaration en politiques concrètes, en investissements et en coopération transfrontalière, à l’image des synergies évoquées entre le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau. Sans mise en œuvre, la plus belle feuille de route resterait lettre morte.

Pour la diaspora et les investisseurs, le message est porteur d’opportunités. Moderniser l’élevage durable, c’est ouvrir la voie à des filières de transformation locale du lait et de la viande, à des solutions vétérinaires et numériques, à l’agro-industrie et à la formation de jeunes professionnels. Autant de secteurs où l’expertise et les capitaux des Africains de l’extérieur peuvent jouer un rôle décisif, en lien avec les politiques nationales de souveraineté alimentaire. La Déclaration de Dakar ne s’adresse donc pas qu’aux gouvernements : elle dessine un horizon économique concret pour tout un écosystème.

Score ServAfrica

Cet article met en avant le Sénégal. Sur l’échelle ServAfrica, qui évalue l’attractivité globale d’un pays pour la diaspora, les investisseurs et les porteurs de projets, le Sénégal obtient un score de 76 sur 100. Stable et dynamique, le pays s’affirme comme un acteur de référence en Afrique de l’Ouest, capable d’accueillir de grands rendez-vous internationaux. Ce chiffre reste une mesure prudente du risque global à un instant donné.

Opportunités

Plusieurs opportunités se dégagent. Sur le plan économique, un élevage modernisé peut créer revenus et emplois. Sur le plan alimentaire, il renforce la souveraineté du continent et réduit la dépendance aux importations. Sur le plan environnemental, il peut concilier production et préservation des ressources naturelles et des écosystèmes. ServAfrica suit ces dynamiques dans ses rubriques Emploi Afrique et Agriculture.

Assemblee nationale a Dakar, symbole d'un Senegal engage pour l'elevage durable
Reste à transformer l’engagement en actions concrètes (Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA)

Risques et points de vigilance

Quelques points de vigilance méritent attention. Le premier tient à la mise en œuvre effective de la Déclaration, au-delà des intentions. Le deuxième concerne la sécurité des troupeaux face au vol de bétail. Le troisième porte sur le financement de la transition, indispensable pour passer des intentions aux réalisations. Cet article est informatif et invite à consulter plusieurs sources.

Conclusion

En accueillant cette rencontre, le Sénégal a placé l’Afrique au cœur des réflexions mondiales sur l’élevage durable. La Déclaration de Dakar offre un cap clair : un secteur résilient, inclusif et respectueux de l’environnement, au service de la sécurité alimentaire. Son succès dépendra de la capacité des États à passer des engagements aux actes, dans un contexte climatique et sécuritaire exigeant, et avec le soutien de tous les acteurs de la filière.

Pour aller plus loin

Retrouvez nos analyses dans nos rubriques Agriculture, Investir en Afrique et Emploi Afrique.

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Cet article est base sur des donnees collectees en 2026. Les informations sont susceptibles d’evoluer.