CAN 2032 : la CAF aurait validé la candidature de l’AES, un tournant pour le football sahélien
CAN 2032 occupe depuis peu une place particuliere dans l’actualite du football africain. Selon des informations relayees par plusieurs medias, dont Africa24 TV, la Confederation africaine de football (CAF) aurait valide la candidature de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) pour organiser cette edition de la Coupe d’Afrique des Nations. Si les details officiels de cette procedure restent encore a confirmer aupres des instances competentes, cette annonce, si elle se confirme, marquerait une etape symbolique forte pour un ensemble regional ne dans un contexte politique particulierement mouvemente.
Qu’est-ce que l’AES et pourquoi cette candidature fait sens
L’Alliance des Etats du Sahel reunit trois pays d’Afrique de l’Ouest : le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Ces trois nations, dirigees par des autorites de transition issues de coups d’Etat successifs entre 2020 et 2023, ont choisi de se rapprocher sur le plan politique, securitaire et economique, allant jusqu’a annoncer leur retrait de la Communaute economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette rupture avec l’organisation regionale historique a pousse les trois pays a batir des instruments propres, qu’il s’agisse d’une confederation politique, d’ambitions monetaires ou, desormais, d’initiatives sportives communes.
Dans ce contexte, une candidature conjointe pour l’organisation d’une Coupe d’Afrique des Nations n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une logique de visibilite internationale et de legitimation par le sport, un vecteur que beaucoup de gouvernements africains, comme ailleurs dans le monde, utilisent pour affirmer une identite collective et projeter une image de stabilite retrouvee.
Le football, vitrine diplomatique pour les nations du Sahel
Le football occupe une place centrale dans la vie sociale et culturelle des trois pays concernes. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont chacun connu des parcours notables dans les competitions continentales des jeunes categories et disposent de bassins de talents reconnus par les observateurs du football africain. Organiser une CAN, meme a l’horizon 2032, representerait pour ces pays une occasion de demontrer leur capacite a accueillir un evenement d’ampleur, malgre un contexte securitaire regional qui reste, dans plusieurs zones, particulierement sensible.
Pour des gouvernements de transition confrontes a des defis de gouvernance et de securite interieure, obtenir l’aval d’une instance comme la CAF pour un projet d’une telle envergure constitue egalement un signal politique fort, tant a destination des populations locales que de la communaute internationale.
Comment la CAF attribue-t-elle l’organisation d’une CAN
La Confederation africaine de football est l’organe qui supervise l’attribution des grandes competitions du continent, au premier rang desquelles la Coupe d’Afrique des Nations. Le processus d’attribution repose generalement sur plusieurs criteres : la qualite et la capacite des infrastructures sportives (stades, terrains d’entrainement), les capacites d’hebergement, les infrastructures de transport, ainsi que les garanties de securite offertes par le ou les pays candidats. Ces dernieres annees, la CAF a par ailleurs deja experimente des organisations partagees entre plusieurs pays d’un meme espace regional, une formule qui permet de repartir la charge logistique et financiere d’un tournoi entre plusieurs Etats.
Une candidature portee conjointement par trois pays, comme le suggere le dossier de l’AES, s’inscrit dans cette logique de mutualisation. Elle permettrait, en theorie, de repartir les investissements necessaires en matiere de stades, d’hotellerie et de reseaux de transport entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, plutot que de faire peser cette charge sur un seul pays.
Les defis concrets d’une organisation partagee
Accueillir une CAN suppose de repondre a des exigences precises en matiere d’infrastructures sportives homologuees, de capacites hotelieres suffisantes pour les delegations, les supporters et les medias, ainsi que de reseaux routiers et aeriens capables d’absorber les flux logistiques d’une competition continentale. Pour des pays dont une partie du territoire demeure confrontee a une insecurite persistante, la question des garanties de securite sera necessairement scrutee de pres par la CAF et par les federations africaines partenaires, avant toute confirmation definitive du calendrier et des modalites d’organisation.
Le financement constitue egalement un enjeu central. La construction ou la renovation de stades aux normes internationales, l’amelioration des infrastructures aeroportuaires et hotelieres representent des investissements consequents, que les Etats candidats devront documenter dans un dossier technique solide, conformement aux exigences habituelles de la CAF pour ce type de competition.
Un precedent dans la region ouest-africaine
Le continent africain a deja connu des editions de la CAN organisees par un seul pays hote, mais aussi des projets d’organisation partagee etudies ou mis en oeuvre pour d’autres competitions continentales. Cette tendance traduit une volonte de la CAF de rendre l’organisation des grandes competitions plus accessible a des pays ou groupes de pays qui, pris isolement, ne disposeraient pas necessairement de toutes les infrastructures requises dans les delais impartis. Pour l’AES, une candidature commune presente ainsi l’avantage de repartir les investissements tout en offrant une visibilite simultanee aux trois capitales concernees.
Ce que cela representerait pour la diaspora et les supporters
Pour la diaspora malienne, burkinabe et nigerienne, largement presente en Europe et dans d’autres pays africains, l’organisation eventuelle d’une CAN dans l’espace AES constituerait un moment de fierte et de mobilisation. Les grandes competitions sportives sont traditionnellement des occasions de retour au pays, de tourisme et d’investissement dans les infrastructures locales, avec des retombees economiques qui depassent le seul cadre du sport : hotellerie, restauration, transport et commerce local en beneficient generalement de maniere significative pendant la duree du tournoi.
Cette perspective, si elle se confirme dans les mois et annees a venir, pourrait egalement renforcer l’attractivite touristique de la region aupres des visiteurs internationaux, sous reserve d’une amelioration continue des conditions de securite dans les zones concernees.
Les prochaines etapes a surveiller
A ce stade, les informations disponibles restent partielles et meritent d’etre suivies avec attention aupres des canaux officiels de la CAF. Les observateurs du football africain suivront notamment la publication d’un calendrier officiel de validation des dossiers techniques, les eventuelles visites d’inspection des sites proposes par les trois pays, ainsi que les annonces relatives au financement des infrastructures necessaires. La confirmation definitive d’une organisation aussi lointaine que 2032 laisse par ailleurs le temps aux pays candidats de mettre a niveau leurs equipements, mais impose egalement une vigilance constante quant a l’evolution du contexte securitaire regional.
Pour les supporters et les acteurs economiques de la region, il conviendra de rester attentif aux communications officielles de la CAF, seule instance habilitee a confirmer ou infirmer une attribution definitive de ce type d’evenement.
Conclusion
La candidature de l’AES pour la CAN 2032 illustre la maniere dont le football continue de s’imposer comme un langage commun et un outil de projection politique en Afrique de l’Ouest. Que ce projet aboutisse ou non dans sa forme actuelle, il temoigne de la volonte du Mali, du Burkina Faso et du Niger de s’affirmer collectivement sur la scene continentale, au-dela des seules questions institutionnelles qui ont marque leur rapprochement ces dernieres annees. servafrica.fr continuera de suivre l’evolution de ce dossier au fil des annonces officielles de la CAF.
Sources
- Africa24 TV, article relaye via Google News (lien source de ce sujet)
- Confederation africaine de football (CAF) – cafonline.com
ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance.